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Récession mondiale en vue : L'Algérie devra surveiller son porte-monnaie |
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06-10-2008 |
Au mieux une récession mondiale de quelques semestres, au pire une
longue période de stagnation comparable à ce que fut la Grande
Dépression des années 1930 après le krach boursier de 1929.
C'est là le pronostic le plus fréquent des économistes occidentaux
après l'adoption du plan Paulson pour sauver le système financier
américain. Dans cette optique, rares sont donc ceux qui pensent que ce
système va s'effondrer même si d'autres faillites bancaires ne sont pas
à exclure dans les prochaines semaines.
Le fait que des grands investisseurs, tel le milliardaire américain
Warren Buffet, recommencent à investir en Bourse démontre que ces
derniers estiment que le plus gros de la crise est passé et qu'il est
temps de faire son marché dans un environnement boursier où de nombreux
titres ont parfois perdu jusqu'à plus de 80 % de leur valeur.
Pour autant, le fait que le système financier et bancaire soit sauvé -
et encore, faut-il être sûr que l'Europe est sortie d'affaire - ne
signifie pas que l'économie réelle l'est aussi. Les chiffres du chômage
aux Etats-Unis pour le mois de septembre (plus de 150.000 emplois
détruits) démontrent que la récession est aux portes de la première
économie mondiale et ceci est une très mauvaise nouvelle pour le reste
de la planète. Dans les prochains mois, il ne fait nul doute que les
banques américaines vont être plus prudentes en matière d'octroi de
crédit aux entreprises, ce qui va forcer ces dernières à réduire leurs
coûts et à licencier. De leur côté, les poches vides, incapables
d'obtenir une nouvelle carte de crédit, les Américains vont
certainement moins consommer, ce qui va fatalement plonger l'économie
étasunienne dans le marasme. Et certains experts prédisent déjà qu'elle
va connaître le même sort que son homologue nippone qui est restée
engluée dans la stagnation pendant toutes les années 1990 après le
dégonflement de la bulle spéculative de la Bourse de Tokyo.
Et si l'Amérique va mal (ce qui ne signifie pas, signalons-le au
passage, que les bons du Trésor vont perdre de leur valeur), le reste
du monde, Algérie comprise, ira mal. En effet, l'une des premières
conséquences de la récession annoncée aux Etats-Unis va certainement
concerner le marché pétrolier car qui dit récession américaine dit
fatalement baisse de la demande en or noir et donc repli inévitable des
prix. A quel niveau de prix le baril va-t-il retomber ? C'est la
question essentielle sur laquelle se penchera vraisemblablement l'Opep
au cours des prochains mois. On peut penser que les fonds spéculatifs
qui ont encore des liquidités à placer vont soutenir les prix pendant
quelques mois mais rien ne permet d'affirmer que le baril va se
maintenir à son prix actuel.
Pour l'Algérie, cela signifie
qu'une révision des perspectives budgétaires va peut-être s'imposer
avec, à la clé, l'obligation d'anticiper les conséquences d'une
récession mondiale. Partout dans le monde industrialisé, gouvernements
et banques centrales multiplient calculs et projections financières et
l'heure est déjà à l'austérité. Pour l'Algérie, comme pour d'autres
pays producteurs de pétrole, l'usage parcimonieux et vigilant des
pétrodollars va très vite être une nécessité. Car il ne faut se faire
aucune illusion : pour pallier leur propre marasme, les Etats-Unis mais
aussi l'Europe vont appeler les pays émergents à faire tourner la
machine économique mondiale. Cela concerne bien sûr la Chine, mais
aussi les pays du Golfe, l'Algérie et la Libye. Tous ces pays vont être
invités à dépenser plus et à commander plus pour aider les économies
occidentales. Dès lors, la question posée est de savoir comment
l'Algérie saura faire preuve à la fois de fermeté vis-à-vis de ces
appels pressants à ouvrir son porte-monnaie et de discernement
vis-à-vis des marchandises et projets d'investissement qui lui seront
proposés.
Source: Le quotidien d'Oran.
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