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La paix et les Palestiniens peuvent bien attendre Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
12-02-2009
Si Tzipi Livni est le vainqueur arithmétique du scrutin, Benjamin Netanyahu est le vainqueur idéologique. La droite dans toutes ses variantes totalise quelque 64 sièges contre 56 pour le centre et la gauche.
Donnés comme vainqueurs par les sondages, Benjamin Netanyahu et son parti le Likoud, de la droite classique, ont été dépassés d'une courte tête par la ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni et son parti Kadima, du centre droit. Ils ont respectivement obtenu 27 et 28 sièges sur les 120 que compte la Knesset. Israël Beïtenou, le parti d'extrême droite anti-arabe du russophone Lieberman arrive en troisième position en enlevant quinze sièges et fait ainsi une percée qui le positionne en arbitre incontournable dans toute recherche de coalition gouvernementale. Avec 13 sièges, le parti travailliste d'Ehud Barak enregistre le score le plus bas de son histoire après avoir été aux affaires 25 années consécutives après la création de l'État d'Israël et avoir gouverné alternativement avec le Likoud le reste du temps. Le parti religieux ultra orthodoxe Shass, fait pour sa part une percée en remportant 11 sièges. Le reste revient à de petites formations tant à l'extrême droite qu'à l'extrême gauche. Il convient de rappeler que les législatives israéliennes sont organisées sous le modèle de la proportionnelle intégrale et qu'il suffit à un parti de totaliser 2% des suffrages exprimés pour siéger à la Knesset. Une spécificité de ce système électoral est que jamais un parti politique n'a réussi à remporter les 61 mandats nécessaires pour être à même de gouverner seul. Ce sont toujours des coalitions qui ont gouverné, avec des mariages qui seraient qualifiés de contre nature sous d'autres cieux. Ceci est davantage vrai aujourd'hui que les grands partis traditionnels représentent moins de 25% chacun. C'est ce qui explique cette particularité politique d'Israël qui fait que les résultats électoraux n'indiquent pas systématiquement le nom de la personne ou de la formation qui dirigera le gouvernement. C'est le cas pour la présente législature. En effet, si Tzipi Livni est le vainqueur arithmétique du scrutin, Benjamin Netanyahu est le vainqueur idéologique. La droite dans toutes ses variantes totalise quelque 64 sièges contre 56 pour le centre et la gauche. Le chef du Likoud serait donc plus à même de former une coalition gouvernementale, même si son parti n'est arrivé qu'en deuxième position. Néanmoins les choses ne sont pas simples car à droite aussi, il y a des cohabitations difficilement envisageables, comme celle du Shass ultra religieux et d'Israël Beïtenou, laïc invétéré. Ce dernier, conscient de sa position d'arbitre, ne s'est d'ailleurs pas gêné pour monter les enchères en se déclarant ouvert à une coalition aussi bien avec le Likoud qu'avec Kadima. C'est dire que la situation ressemble à un inextricable imbroglio, d'autant plus que Netanyahu et Livni ont respectivement revendiqué la victoire. Livni comme vainqueur du scrutin, Netanyahu comme leader de la droite arithmétiquement majoritaire. Aussi, le nom du prochain Premier ministre ne sera-t-il connu qu'après plusieurs jours, voire plusieurs semaine de tractations. Pendant ce temps Ehud Olmert reste à la tête du gouvernement, mais sans réelles prérogatives. Néanmoins, dans leur discours respectif, Netanyahu et Livni se sont mutuellement invités à la réalisation d'une grande coalition, schéma qui n'est pas à exclure et qui présente l'avantage d'exclure les extrêmes et de jouir d'une grande stabilité, nécessaire pour faire face à une situation complexe. Beaucoup d'analystes misent sur ce scénario. Dans ce cas, Tzipi Livni serait favorite, notamment parce qu'elle représente l'interlocuteur idéal pour l'administration Obama, contrairement à Benjamin Netanyahu dont les positions sur le dossier palestinien sont plus rigides, et qui refuse d'envisager un État palestinien indépendant et souverain. Pour l'heure, toutes les options restent ouvertes tandis que les Palestiniens, bien que n'ayant pas espéré grand-chose de ces élections, affichent un certain dépit. Ainsi, le porte-parole du Hamas, Fawzi Bahroun, a qualifié les trois partis arrivés en tête de "trio terroriste" et déplore que les Israéliens aient élu "les plus extrémistes". Pour sa part, Abdullah Abdullah, représentant du Fatah, s'inquiète de la montée significative de l'extrême droite. Une chose est sûre : toute avancée dans le traitement du dossier israélo-palestinien est tributaire de la formation et de l'entrée en fonction de la nouvelle coalition gouvernementale. Et il faudra sans doute beaucoup de temps encore pour en connaître la configuration.
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