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TURQUIE/ARMÉNIE: Contacts secrets pour normaliser leurs relations |
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19-07-2008 |
Des diplomates de Turquie et d'Arménie, pays voisins mais qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques, se sont rencontrés en secret en Suisse ce mois-ci pour tenter de normaliser leurs relations, a rapporté hier le quotidien turc à grand tirage Hurriyet. Les deux délégations se sont rencontrées à Berne le 8 juillet pour des pourparlers qui se sont étendus sur plusieurs jours, ajoute le journal. Le ministre turc des Affaires étrangères Ali Babacan n'a pas démenti ces informations.
«Nous avons des contacts avec nos collèges arméniens de temps à autre», a déclaré hier M. Babacan à la presse. «Il est important de discuter de la façon dont les relations entre les deux pays peuvent être normalisées par le dialogue», a-t-il ajouté. Cette réunion traduit un assouplissement de l'attitude à l'égard de la Turquie du président arménien Serge Sarkissian, élu en février, estime Hurriyet.
Les Etats-Unis et certains pays européens ont été tenus au courant de ces discussions, selon le journal. Ankara a refusé d'établir des relations diplomatiques avec l'Arménie depuis que cette ex-république soviétique est devenue indépendante en 1991 en raison des efforts d'Erevan pour obtenir la reconnaissance au plan international des massacres d'Arméniens perpétrés sous l'Empire ottoman comme un génocide. En 1993, la Turquie a fermé ses frontières avec l'Arménie en signe de solidarité avec son proche allié l'Azerbaïdjan, alors en guerre avec l'Arménie, infligeant ainsi un lourd préjudice économique à ce pays pauvre. Des responsables turcs et arméniens se sont déjà rencontrés en marge de réunions internationales, comme lors du sommet des pays riverains de la mer Noire l'an dernier à Istanbul. En 2006, Ankara avait révélé que des diplomates turcs et arméniens avaient mené trois séries de pourparlers «afin de déterminer s'il existe un terrain d'entente pour faire progresser les relations bilatérales». Plus récemment, M. Sarkissian a invité le président turc Abdullah Gul à assister à un match de football entre les équipes d'Arménie et de Turquie en septembre à Erevan, dans le cadre de la préparation du Mondial 2010. Le chef de l'Etat turc n'a pas encore donné sa réponse. Les Arméniens estiment que les massacres commis au cours de la Première Guerre mondiale, en pleine décomposition de l'Empire ottoman, entre 1915 et 1917, ont fait près de 1,5 million de morts. Une vingtaine de pays reconnaissent ces tueries comme un génocide. La Turquie rejette catégoriquement le qualificatif de génocide et fait valoir que 300 000 Arméniens et au moins autant de Turcs sont morts dans des combats après que les Arméniens eurent pris les armes pour la création d'un Etat arménien indépendant dans l'est de l'Anatolie et se sont alliés aux troupes de l'envahisseur russe après la révolution de 1917.
source: le soir d'algerie
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